4h30 : le réveil sonne, ça y est, le grand jour de l’Ardéchoise est arrivé !
Dehors, j’entends la pluie qui martèle et le tonnerre qui gronde… la journée risque d’être un peu plus longue que prévue. Je retrouve mon père en bas dans la cuisine, nous avalons notre « gato-sport », un thé et quelques autres babioles puis viens l’heure de charger les vélos sur la voiture. Et cette maudite pluie qui ne s’arrête toujours pas !
5h45 : nous sommes en route et nous voyons l’orage grossir et grossir encore juste au-dessus de St-Félicien, départ de l’Ardéchoise ! Finalement, les vetements de pluie seront peut-être nécéssaire
6h10 : Nous sommes garés sur le parking à 5km du départ, la fine pluie se transforme en trombe d’eaux et s’abat sur tous les concurrents qui sautent dans leurs voitures pour se mettre à l’abris. Nous sourions tous en nous regardant ainsi, retranchés dans nos refuges, les regards se croisent et posent tous le même constat : « mouillés, pour mouillés il va bien falloir que nous y allions ! »
6h30 : nous voilà sur la route en direction du départ. « Tiens, mais ce vélo ne m’est pas inconnu ! » et son propriétaire d’apparaitre, c’est BobMarley Rider et son magnifique SuperSIX HM Dura-ace. L’occasion de faire en vrai la rencontre d’un autre Goodfighter. On échange quelques mots, on s’encourage pour la suite… et retour en selle pour rejoindre la grille de départ avec nos groupes respectifs.
7h50 : nous sommes lâchés par le starter, toujours sous une pluie battante, et pouvons enfin nous élancer sur les routes ardéchoises. Env. 2000 vélos s’élancent en même temps canalisés par une organisation hors-pair. Les visages sont à la fois crispés et montrent une certaine émotion.
Dès les premiers kilomètres nous entamons la montée sur le col du Buisson, l’occasion de sortir de la « foule » du départ. Les jambes sont bonnes l’esprit à la rigolade, on blague entre cyclistes sur les costumes des uns, le temps de cochon, le sadomasochisme dont nous faisons tous un peu preuve sur nos machines.
Le Six Carbon avale cette première difficulté avec une facilité déconcertante. Sa rigidité permet d’appuyer jusqu’à plus soif.
8h50 : Nous entamons la descente de Nozière, la route est détrempée mais mon SIX Carbon est une arme de guerre qui se joue de ces conditions et c’est l’occasion de partir à l’attaque pour vraiment sortir du gros de la troupe élancée en même temps que nous. La précision de la direction, la vivacité de son cadre permettent un pilotage de fous furieux. J’ai par moment l’impression d’être sur des ski paraboliques = diabolique !
Entrée dans Lamastre, premier gros ravitos et première grosse fête : banderolles, déguisements, fanfare. C’est vraiment fou tous ces gens qui sont présents, malgré le temps de chi… et qui nous portent.
Du coup, on a le cœur en fête pour entamer la suite du parcours, une large section de route toute neuve qui grimpe d’abord sur le Nonières puis qui nous redescendra ensuite sur le Cheylard.
10h : la pluie s’est calmée, et c’est tant mieux, les organismes peuvent ainsi récupérer un peu pour la longue remontée sur St-Martin-de-Valamas puis sur St-Agrève. Celle-ci est facile, je monte entre le 50-17 et le 50-20… au train sur le SIX Carbon : trop facile ! St-Agrève, 1100 m d’altitude, la bruine est omniprésente, il y fait froid… nous ne nous y attarderons pas !
S’en suit ensuite une grande descente au bout de laquelle une crevaison nous a contraint à stopper pour 10min de réparation…au redémarrage, les muscles sont sclérosés, les tendons donnent l’impression d’être en bois, mais les organismes se réchauffent vite.
11h20 : nous entamons la remontée sur Rochepaule… incroyable, le soleil perse au travers des nuages ! Les sourires apparaissent sur tous les visages des participants, une véritable récompense.
11h35 : la dernière montée vers Lalouvesc, nous retrouvons au pied de celle-ci les participants du 85km, nombreux ! Elle est un peu traitre la bougresse, mais mon fidèle compagnon le SIX Carbon ne s’en laisse pas compter et grimpe sans rechigner… pour autant que je lui donne des coups de jarret ! Le plus étonnant reste la fraicheur relative avec laquelle ce vélo m’a permis d’aborder cette dernière côte. A bien y penser, j’avais eu froid, nous avions déjà près de 90km et 1800m de D+ dans les pattes mais pourtant je me sentais bien comme dans un fauteuil.
12h00 : Lalouvesc, dernier col et ensuite la descente jusqu’à St-Felicien… le cheval sent l’écurie, je place un gros braquet et en « route Simone ». Cette dernière partie se fera tambours battants !
13h05 : Nous en terminons, mon père et moi heureux d’avoir fait se bout de route ensemble en « Gentlemen » !
Cette ardéchoise restera sans nul doute gravée dans ma mémoire. Pas pour la perf sportive, mais comme une grande communion du vélo !
Des milliers de cyclistes : affutés ou moins affutés, des jeunes, des expérimentés, des déguisés, avec des machines de pro ou des « rounes à roulettes », des habitants accueillants, sur le bord des route malgré la pluie… Bref, un grande fête ou seul le plaisirs de rouler quelle que soit la machine, quel que soit l’âge, quel que soit l’objectif comptait.
Il s’emblerait que tous avaient ce jour-là « l’esprit Goodfight » !
Happy trails,
M&M’s









